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À propos du Seder de Pessah – 2


À propos du seder de Pessah – partie 2

Commentaires d’Hervé Rehby

 

Version audio :

https://youtu.be/uX_irag0hBI

 

(retour vers Partie 1)

 

Version textuelle :

מה נשתנה הלילה הזה מכל הלילות – Ma Nishtana Halayla hazé ?

En quoi cette nuit diffère-t-elle de toutes les autres nuits?

A la fin de la lecture de la Hagada, nous consommons le Maror trempé dans le Harosset. Traditionnellement, le Maror est une feuille de salade, en général la romaine, qui rappelle que le seder de Pessah a été institué à l’époque de l’occupation romaine et que nombre d’usages ou d’allusion textuelles de la Haggadah font référence à cette époque et non directement à la sortie d’Egypte à proprement parler.

La Torah ordonne de prendre un agneau sans défaut le 10 du premier mois, et de le sacrifier seulement le 14 au soir. Sa chair sera mangée rôtie  » sur des matos et des herbes amères – על מצות ומרורים יאכלהו « . Ce repas rituel rappelle dans l’association de ces trois composants, la révolte contre le pouvoir égyptien par le sacrifice d’un animal sacré de leur panthéon, le rappel de l’urgence de la libération par les Matsot cuites à la hâte – בחיפזון – et par le souvenir encore sensible à nos papilles de l’amertume de l’esclavage par les herbes amères. Raban Gamliel déclare même que l’essentiel de la soirée et du souvenir de la sortie d’Egypte réside dans l’affirmation de ces trois éléments – פסח, מצה, ומרור / Pessah, Matsa ouMaror – proclamation par chacun des convives qui les rend quitte du reste (Mishna Pes. 10/5).

En l’absence de sacrifice, nous ne pouvons accomplir cette mistva associant les trois éléments demandés par la Tora. La Mishna commande donc de tremper le Maror dans le Harosset, puis en souvenir du Beyt Hamiqdash / Temple de refaire la procédure en rajoutant un morceau de Matsa comme le faisait Hillel.

Le Maror est donc trempé dans le Harosset qui rappelle le mortier que les esclaves utilisaient pour faires des briques et construire les édifices de l’Egypte. Que d’amertume, que de sueur, que de mort versées dans ce mortier pendant des centaines d’année. La métaphore est déjà éloquente, d’autant que nos maitres remarquent que la valeur numérique de Maror est de 446, comme le mot MaVeT – la mort.

Dieu avait dit à Moshé de prendre du sang de l’agneau pour l’appliquer sur le linteau et sur les montants des portes, sans préciser comment (Ex.12/7). Moshé en répétant les ordres de Dieu précise:  » vous prendrez – אגודת אזוב – un bouquet d’hysope – וטבלתם בדם – vous le tremperez dans le sang…pour l’appliquer etc… » (Ex. 12/22).

La sortie d’Egypte s’amorce par un rite de trempage, imbibition du solide dans le liquide, comme en écho du début de l’esclavage rappelé par le trempage du Karpass. Ici Moshé demande aux Bné Israël de prendre une plante modeste, sans grande prétention ni magnificence, et d’en associer trois branches (cf. Rashi) en un seul faisceau appelé en hébreu אגודה – d’une racine אגד signifiant s’unir, se réunir, se mettre ensemble, comme dans Sam II – 2/25  » וַיִּתְקַבְּצוּ בְנֵי-בִנְיָמִן…וַיִּהְיוּ לַאֲגֻדָּה אֶחָת – les Benyamites se rassemblèrent et firent un seul corps (d’armée)  »

Le symbole de l’hysope en faisceau trempé dans le sang rappelle donc avec la réparation du sang versé pour la vente de Yossef. Mais cette réparation, ce תיקון, se réalise enfin en réconciliant les frères désunis, באדוגה אחת – en un seul faisceau. Nous retrouvons cette idée dans la mitsva du Loulav qui enjoint de réunir les 4 espèces comme une invitation à la solidarité et à l’union du Am Israël. Elle se trouve aussi au centre de nos prières  » ויעשו כולם אגודה אחת….בלבב שלם – Ils feront une seule coalition…d’un cœur entier  »

Ainsi nous sommes invités à rappeler l’union des frères nécessaires à toutes les sorties de crise, comme celle que nous traversons en ce moment terrible de l’histoire de l’humanité, en trempant le Maror dans le Harosset. L’amertume de la division sera dissoute dans le Harosset, qui évoque le sang versé mais qui par l’engagement et la volonté du juif peut se retrouver doux comme les ingrédients qui le composent désormais.

Tel est le sens, un des sens, de ces Tiboulim/trempages qui doivent susciter encore et encore notre envie d’en savoir plus.
A suivre…


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Mercredi
8 avril 2020